Mauritanie: Débat sur la double nationalité, entre passion et raison

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Depuis quelques jours un débat a surgi au sujet de l’interdiction par la loi mauritanienne de la double nationalité. Cette question est née à la veille des journées nationales de concertation lorsque, au moment du départ pour la Mauritanie, certains représentants d’organisations de la société civile se sont entendus signifier qu’ils ne pouvaient être du voyage parce qu’ils avaient opté pour la nationalité de leur pays d’accueil.

Il n’en fallait pas plus pour que de tous les côtés, des voix s’élèvent pour dénoncer ce qui est considéré comme une volonté manifeste d’exclusion d’une partie des réfugiés. Pourtant, même si certains estiment que le changement de nationalité n’éteint pas le statut de victime, ceux qui ont choisi une autre nationalité savaient bel et bien les risques qu’ils prenaient.

Ce débat sur la nationalité a également mis à jour une autre contradiction. Celle de ceux  qui étaient les premiers à monter au créneau pour demander de respecter la loi sur l’interdiction de la double nationalité. Mais c’est en même temps eux qui sont en train de faire des pressions pour que l’on n’oublie pas le sort de « nos frères expulsés du Sénégal« , en faisant semblant d’oublier que la plupart de ces « frères » avaient opté pour la nationalité sénégalaise et que de ce fait, au même titre que les autres, ils ont perdu la nationalité mauritanienne.
 

La mondialisation rend la  loi obsolète

 

La loi interdisant aux mauritaniens d’acquérir une autre nationalité sous peine de perdre la première est née avec l’indépendance dans une conjoncture particulière. En effet, dans un contexte marqué par la nécessité de couper le cordon ombilical avec le Sénégal, de résister aux velléités d’annexion marocaines et de contrecarrer les attaques maliennes par opposants interposés, il était clair que permettre aux mauritaniens d’avoir d’autres nationalités, c’était hypothéquer son existence. Des opportunistes n’auraient pas en effet hésité de se doter de toutes les nationalités possibles et imaginables et de basculer d’un pays à l’autre en fonction de la situation.

En imposant le choix d’une seule nationalité, les autorités de l’époque avaient voulu mettre les mauritaniens en face de leur destin : Choisir de se battre et de se sacrifier pour la construction de l’Etat mauritanien qui avait pour cela besoin entièrement et exclusivement des ses fils afin de relever ce défi.

 

Aujourd’hui, c’est un euphémisme de dire que le contexte a changé. La mondialisation aidant, une partie des talents des pays en développement va vivre et travailler dans les pays développés, généralement en Europe et aux Etats-Unis, occasionnant ainsi une perte en capital humain qui pourrait être utilisé dans le pays d’origine.
 
Cependant, les professionnels qualifiés peuvent aussi retourner dans leur pays après avoir terminé leurs études ou travaillé plusieurs années dans le pays d’accueil, apportant avec eux un nouveau savoir-faire, de nouvelles technologies, des capitaux et des contacts qui sont très utiles pour le développement national. Il faut donc réexaminer la loi sur l’interdiction de la double nationalité à la lumière de l’interdépendance et de la mobilité internationale croissantes des travailleurs face aux nouvelles opportunités (et risques) qui sont offerts par la mondialisation.

 

La double nationalité et le droit de vote des expatriés doivent être reconnus, comme c’est le cas pour les ressortissants des pays voisins .

 

Le Maroc, lui ne reconnaît pas la double nationalité, mais dans l’autre sens. C’est-à-dire que si on a la nationalité marocaine c’est pour la vie. C’est pourquoi d’ailleurs les juifs marocains établis en Israël sont les plus attachés à leur pays d’origine.

Source: Cridem

Posté   le 05 Dec 2007   par   biko

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